Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 04:28

(Je précise que le blog suit l'ordre chronologique d'écriture).

 

Je vais tenter de reprendre les événements objectivement, sans trop interpréter pour le moment.

Ce mercredi, après de long tiraillements, je n'ai osé inviter ma rêvée dulcinée à prendre un verre, s'en suit l'envoie d'un SMS trouvé, un instant, drôle.
Quelques heures suivent, sans réponse, le doute m'assaille : m'a t-elle trouvé ridicule, vulgaire, idiot ??
Je m'occupe, je bricole... fort : je démonte ma cheminée pour y destituer mon poêle à bois occupant la cuisine. Quelques suées me soulagent l'esprit.
3h plus tard j'envoie un mot de plates excuses.
Encore 3h plus tard, vers minuit,  un SMS : quelques politesses rassurantes vis à vis de mon "indélicatesse" et le sempiternel "[...] soyons bons amis, simplement [...] à demain, bises."... :'(

Déprime, la chute, rien ne va plus...
Pleurs...

Le lendemain j'envoie un "short-message-service" à la tendre demoiselle : "Salut. C'est pas si simple... pour moi. Il va me falloir un petit peu de temps. A+".
Je pense reprendre le dessus, cesser de pleurer et oser de nouveau la regarder dans les yeux.

Je pleure toute la matinée, les maux de tête pointent au seuil de mon désespoir.

L'après-midi n'étant pas socialement présentable je décommande une réunion du soir.

Je m'occupe, je vaque, je mange et écoute beaucoup de musique... à 23h30 j'ouvre un nouveau fichier texte et écrit :


"10/12/2009 23h34


j'écoute de la musique en tentant d'oublier que je me suis pris un vent par la fille la plus extra que j'ai jamais rencontré...
tentative vaine.
je suis un looser, et les loosers ne sortent jamais avec les filles belles et intelligentes... that's it.

marre des cons qui me sortent, "mais si un jour, tu rencontrera un belle fille, qui t'aimera et tout..." ... 10 ans du même discours.
Lorsque qu'une théorie ne se valide pas en pratique, c'est la théorie qui est fausse rarement la pratique..

de tte façon je "sais pas être heureux"... comment être heureux quand la seule utilité de ma vie c'est rendre service aux autres... un temps cela me suffisait, presque. Marre... tout cela ne sers à rien.
on se bat pour quoi ? vivre le plus longtemps possible. pourquoi ?
 cela ne sers à rien... on finira par mourir de tte manière, si c'est pour être malheureux...

je me bat tous les jours pour gagner de l'argent, avoir de quoi me nourrir, faire plaisir à ma banque, payer mes factures... factures de quoi ? a quoi tout cela sers t-il ??
passer le temps en attendant la mort.?

marre de pleurer

marre d'être un con qu'on appelle que pour demander service, marre d'être trop con et de jamais dire ; non.

insipide...

transparent.
inintéressant.?

seul avec ma bite comme dit l'autre.
marre de pleurer sans être appaiser.

mon seul talent et de savoir tout faire ou presque, question de temps et de motvation

autant être con et heureux

marre de faire semblant d'être heureux pour rassurer les autres... autres incapables de voir...

comment ne plus penser ??
je compte mes larmes sur mes joues... trop con.

à quoi sers ma vie, je vais me prendre la tête à faire des HP ? toute ma vie à bosser, me casser les neurones. pourquoi ?
pour espérer écouter de la musique mal enregistrée sur de bonnes encientes?
autant aller au concert, non ?

pas de sous, pov type.

looser land.

même plus le courage de boire... trop de mauvais souvenirs.

trop con
même plus pouvoir dormir et être appaiser. marre d'avoir raison, tout cela n'a aucun sens.

pourquoi vivre ??
écouter de la zic ?? pas d'enceinte bonnes, pas de sous, pas motivé
aller au ciné ? la croiser ?
faire du sport pourquoi ?
dessiner, tous le monde s'en fout, moi le premier
faire de la photo, même pas doué.
faire de la zic jamai réussi, même ma basse, quelle connerie.
être heureux ? comment ??
encore 50, 60 ans à pleurer après de vains rêves absurdes...

trop con.



désolé, j'espère que vous pleurerez moins que moi...

j'espère juste ne pas souffrir, de trop, ou pas plus qu'aujourd'hui....



finir avec un peu de zic... un bon adagio ???
putain faut graver...
trop con, non ?

rester motivé, ne croiser personne...

désolé pour les travaux en plan....


j'aurai bien aimé du lynyrd synyrd mais pas de cd
trop con

ils pulsent les salauds... trop bon"


Le CD fraichement gravé sors du PC, je le prends, descend, prend mon manteau, ferme la maison, monte en voiture : musique.
Je démarre, pression, l'hydraulique fait monter la caisse, quel confort, je pars...

Par Charles-Henrie Mathieu de Bathubert
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 05:10
Adagio pour cordes de BARBER... que c'est beau la musique.

Je pars... "là-bas" sur la quatre voies, je sais "où".
En sécurité, ne tuer personne, personne d'autre... ne pas se rater, du béton, sous "ce" pont... oui, "là" c'est sûr.

Je roule, traverse la campagne en musique.

ALBINONI adagio pour cordes et orgue.

Par vagues quelques larmes, instants léger ou douloureux.

Je m'engage sur la nationale, double péniblement une voiture, l'embrayage est faible, en fin de vie... lui aussi.
J'accélère, gérer l'embrayage qui patine, n'en veut plus... je monte, 110... 120... 130.... n'arriverai-je jamais à rouler assez vite pour assurer la réussite de mon "entreprise" ?
170 enfin, la voiture n'en veut pas plus... tant pis cela suffira bien.

J'enlève ma ceinture et file dans le brouillard... un pont se révèle trop tard, impossible de virer à temps, je raterai son pilier.
Deux ponts, trois ponts...

Soudain la descente, je la reconnais, en bas un gros pont supporte un rond point chevauchant la quatre voies. Là... là il y a des tonnes de béton, impossible de se rater... je vois les panneaux bleus fléchant le virage.
Facile... il suffit d'aller droit, ne pas fléchir, ne pas tourner... les larmes sèchent, les mains se crispent...

Les panneaux grossissent, enfin...
  enfin, fini de pleurer
  enfin, eu le courage de finir
  enfin, soulagé
  enfin, presque un sourire...

Impact !


Par Charles-Henrie Mathieu de Bathubert
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 05:44
Le choc... assourdissant. Je tombe, bras en avant, sur le siège passager, la tête contre la boite à gant.
La voiture retape à gauche, je suis ballotté, dans le bruit, les secousses, les vibrations... c'est long, très long...
Que cela s'arrête, que cela finisse.
La voiture glisse, SChrrrrrrrrrrikk.... et s'arrête.
La musique reprend le dessus.

ALBINONI adagio pour cordes et orgue.

Je me relève, je suis ailleurs... la voiture contre la glissière de la bande d'arrêt d'urgence, je vois des voitures sur une voie en contrebas, le moteur tourne sous le capot froissé.
Je pleure, raté !!
Papa, papa va pleurer...
Je coupe le moteur.
Je pleure, pleure, pleure, pleure, pleure..... hurle presque.

Une voiture passe, deux, la troisième s'arrête... une autre passe.

MOZART Concerto pour clarinette et orchestre "adagio".

Je pleure, pleure, pleure, pleure, pleure..... hurle toujours.

5 minutes, une ambulance s'arrête, elle est de passage en charge.
Un ambulancier me demande si ça va, si je suis seul... je coupe la musique à sa requête.

Je pleure.

10 minutes, les pompiers arrivent.
Questions,  explications : j'étais seul, je suis monté à 170, j'ai enlevé ma ceinture et j'ai visé le pilier du pont...
Stupéfaction alentour, le pont ? J'en suis très loin semble t-il.

Je prend mon manteau, me lève et sors du véhicule... à la stupeur générale et l'inquiétude des professionnels.

Je pleure.

Je vais au camion accompagné, je monte, m'assied.

Je pleure.

Je m'allonge et on me ligote avec minerve.
Police, déclaration... "voulez-vous que j'appelle quelqu'un ?" Non, demain, inutile ce soir... il est minuit et demi environ.

Départ, le camion n'est pas confortable.

Je pleure.
Par Charles-Henrie Mathieu de Bathubert
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 22:43
Arrivée à l'hôpital, changement de brancard, passation d'information entre pompiers et infirmiers.

Ici je perd un peu l'ordre des évènements, les choses se sont embrouillées depuis, trop de calmants sans doute. Je réunis quelques bribes de ces instants.

J'arrive dans un "box" des urgences, de suite je suis entouré, on me branche, m'ausculte...
Une jeune femme d'une beauté angélique m'approche "bonjour je suis l'interne de service, je vais m'occuper de vous. Pouvez-vous me dire ce qui c'est passé ?"

Comment expliquer à cette ange blond que je me suis suicidé par désespoir amoureux ?? Je détourne le regard, m'explique, des larmes coulent, ma voix s'étiole.
"vous aviez votre ceinture ?"
- "non, c'était le but."
Elle semble touchée.

"La mort n'a pas voulu de vous, demain il va falloir vous battre".
Je ne le sais pas encore, mais c'est terriblement vrai.

On m'aide à me déshabiller, me tâte, s'inquiète de mon sort.

"vous avez mal au ventre, là ?"
"Non, j'ai trop mangé, mais sinon ça va ?"
"vous avez bien mangé ?"
"oui, je me suis tapé une brioche entière, ce n'est pas très raisonnable" dis-je.
interloquée, elle me réponds "je ne sais pas ce qui est le moins raisonnable entre se taper une brioche entière et foncer sur un mur sans ceinture..."

Diagnostique, prise de sang... intraveineuse. Ah ! Dans la main...
"ça fait mal plus que mon dos"
"je ne vous crois pas" dit-elle, incrédule.
"si, si, je vous assure. Enfin non, là c'est une douleur aiguë, dis-je indiquant ma main, là non".

Un brancardier arrive "bonsoir, je viens vous emmener à la radio".
"bonjour, il doit être 1h30 du matin" étonné de ma réponse, il regarde ça montre et acquiesce le sourire au lèvres.

La radiologue, brune au traits fins, star du cinéma italien des sixties... en N&B of course.
Jolie, polie, professionnelle.
Moi... encore une fois, je tombe amoureux, quelle fleur bleue...

Radio raté, impossible de voir la septième cervicale, mes épaules sont "trop carrées". La radio me tire les bras vers le bas pour dégager le cou, pendant que l'interne tente de lancer la machine. Échec.
Changement de poste... mon ange s'inquiète "je ne tire pas trop fort" - "allez-y je suis plus fort que vous".

Cliché raté, visibilité inchangée.

Retour au box, le même, je reconnais la torsion du réflecteur du bloc fluorescent.
Un scan est souhaité, la douleur non ciblée.

Intraveineuse, sommeil agité, le scope est bruyant...
Réveillé par mon ange... "comment ça va ce matin ?" "fatigué, on dors mal ici".

Changement d'équipe, elle disparait.

Douleurs,intraveineuses, râles... douleurs, pleurs...
De longues heures passent.

Départ au scan.
Attente, passage douloureux : le "lit" motorisé n'est vraiment pas confortable... retour dans le couloir des urgences.

Attente... c'est un repère de jolies filles ici... pas mes lunettes, dommage.



  C'est loin, les souvenirs se troublent et s'effacent.
Par Charles-Henrie Mathieu de Bathubert
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /Déc /2009 23:35
Suite à la nuit forcée, mon esprit embrumé émerge.

Une psy de garde me questionne, réexplications, marre de se répéter.


Je passe mon samedi seul, allongé dans mon lit à penser. Que dire ? La vérité ? Cela sera t-il si dur de mentir à la famille ? Qu'est le plus juste ?

De toute manière voilà 10 ans que je quittais mon suivi psy après quelques honorables "oui" afin de clore les discussions stériles.
10 ans des mêmes convictions, pourquoi révéler que mes pensées "morbides" ne m'ont pas quittées ?

En quoi accabler tout le monde changera ma vie ?

Un gros mensonge sucré sera t-il plus digeste qu'une petite vérité acide ??


Le dimanche matin, entretien avec la psy du service.
Elle tente vainement de comprendre "l'origine" de mon désespoir, imagine un traumatisme infantile, des problèmes adolescents... presque amusant.
Je sourit, répond laconiquement.

Elle tente de me convaincre que ma sortie nécessite la révélation des faits à ma famille, au moins à ma soeur jumelle.
Elle va à son bureau, m'invite... "mais je n'ai pas envie de lui dire moi".
Déception, "je vais devoir le spécifier dans votre dossier"... Pas de problèmes.


J'appelle une amie, qui viens me chercher.
Je sors sans revoir la psy, sans doute un peu inquiète.
Par Charles-Henrie Mathieu de Bathubert
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